Primamente – Paul Éluard

Foto di Nina Ai-Artyan

 

Io te l’ho detto per le nuvole
Te l’ho detto per l’albero del mare
Per ogni onda per i nidi tra le foglie
I sassi del rumore
Le mani familiari
Per l’occhio che si fa viso o paese
E il sonno gli riporta cieli del suo colore
Per la notte goccia a goccia
Per la grata delle vie
Per la finestra aperta per la fronte scoperta
Pei tuoi pensieri e le parole te l’ho detto
Ogni carezza ogni fiducia sopravvivono.

*

Tu la sola e le odo le erbe del tuo riso
Tu e ti rapisce la fronte
E dalla vetta dei rischi di morte
Sotto i globi confusi delle valli piovose
Sotto la luce greve sotto il cielo di terra
Generi la caduta.
Non basta piú il rifugio degli uccelli
Né pigrizia o stanchezza
Il ricordo di boschi e rivi fragili
All’alba dei capricci
All’alba di abbracci visibili
All’alba alta dell’assenza la caduta.

Le barche dei tuoi occhi si disperdono
Lungo i merletti delle sparizioni
È svelato l’abisso agli altri estinguerlo
L’ombre da te create non hanno diritto alla notte.

*

Amor mio se tu hai figurati i miei desideri
Levate le labbra al cielo delle tue parole come un astro
I tuoi baci nella notte viva
E intorno a me il solco delle braccia
Come una fiamma in segno di conquista
Sono al mondo i miei pensieri
Chiari e perpetui

E quando non sei qui
Io sogno che dormo io sogno che sogno.

*

Mi basta una carezza
E brilla il tuo splendore.

*

La terra è blu come un’arancia
Mai uno sbaglio le parole non sanno mentire
Piú non vi dànno da cantare
Che al giro dei baci si intendano
I dementi e gli amori
Lei le labbra d’intesa
I segreti sorrisi
Che vesti d’indulgenza
Crederla tutta nuda.

Le vespe fioriscono verde
L’aurora s’incollana
Un vezzo di finestre
Ali coprono le foglie
Ogni gioia solare
Ogni sole sul mondo
Lungo i sentieri della tua bellezza.

*

Il sonno ti ha presa la forma
Dei tuoi occhi la colora.

*

La fronte ai vetri come chi veglia in pena
Cielo di notte che ho già valicata
Pianure ora minuscole nelle mie mani schiuse
Nel duplice orizzonte inerte indifferente
La fronte ai vetri come chi veglia in pena
Oltre l’attesa
Oltre me stesso ti chiamo
E non so piú tanto t’amo
Chi di noi è l’assente.

*

I corvi divagano sui campi
La notte si spegne
Per un capo che si desta
Chiome bianche ultimo sogno
Si fanno luce col sangue le mani
Con le carezze
Una stella di nome azzurro
E di forma terrestre

Pazza di grida a piena gola
Pazza di sogni
Tu che hai ali di suora ciclone
Infanzia breve pazza di gran venti
Come faresti la bella la vaga
Non riderà piú
L’ignoranza l’indifferenza
Non svelano il loro segreto

Non sai piú salutare a tempo
Né confrontarti ai miracoli
Tu non m’ascolti
Ma la tua bocca condivide
L’amore e grazie alla tua bocca
E dietro il velo di nebbia dei baci
Siamo insieme noi due.

*

Doveva pur esserci un viso
Con tutti i nomi del mondo.

Paul Éluard

(Traduzione di Franco Fortini)

da “L’amour la poésie”, 1929, in “Paul Éluard, Poesie”, “I Supercoralli” Einaudi, 1955

***

Premièrement

Je te l’ai dit pour les nuages
Je te l’ai dit pour l’arbre de la mer
Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles
Pour les cailloux du bruit
Pour les mains familières
Pour l’oeil qui devient visage ou paysage
Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur
Pour toute la nuit bue
Pour la grille des routes
Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert
Je te l’ai dit pour tes pensées pour tes paroles
Toute caresse toute confiance se survivent.

*

Toi la seule et j’entends les herbes de ton rire
Tois c’est ta tête qui t’enlève
Et du haut des dangers de mort
Sous les globes brouillés de la pluie des vallées
Sous la lumière lourde sous le ciel de terre
Tu enfantes la chute.
Les oiseaux ne sont plus un abri suffisant
Ni la paresse ni la fatigue
Le souvenir des bois et des ruisseaux fragiles
Au matin des caprices
Au matin des caresses visibles
Au grand matin de l’absence la chute.

Les barques de tes yeux s’égarent
Dans la dentelle des disparitions
Le gouffre est dévoilé aux autres de l’éteindre
Les ombres que tu crées n’ont pas droit à la nuit.

*

Mon amour pour avoir figuré mes désirs
Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre
Tes baisers dans la nuit vivante
Et le sillage de tes bras autour de moi
Comme une flamme en signe de conquête
Mes rêves sont au monde
Clairs et perpétuels.

Et quand tu n’es pas là
Je rêve que je dors je rêve que je rêve.

*

D’une seule caresse
Je te fais briller de tout ton éclat.

*

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
A la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

*

Le sommeil a pris ton empreinte
Et la colore de tes yeux.

*

Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Ciel dont j’ai dépassé la nuit
Plaines toutes petites dans mes mains ouvertes
Dans leur double horizon inerte indifférent
Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Je te cherche par delà l’attente
Par delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t’aime
Lequel de nous deux est absent.

*

Les corbeaux battent la campagne
La nuit s’éteint
Pour une tête qui s’éveille
Les cheveux blancs le dernier rêve
Les mains se font jour de leur sang
De leurs caresses
Une étoile nommée azur
Et dont la forme est terrestre

Folle des cris à pleine gorge
Folle des rêves
Folle aux chapeaux de sœur cyclone
Enfance brève folle aux grands vents
Comment ferais-tu la belle la coquette
Ne rira plus
L’ignorance l’indifférence
Ne révèlent pas leur secret

Tu ne sais pas saluer à temps
Ni te comparer aux merveilles
Tu ne m’écoutes pas
Mais ta bouche partage l’amour
Et c’est par ta bouche
Et c’est derrière la buée de nos baisers
Que nous sommes ensemble.

*

Il fallait bien qu’un visage
Réponde à tous les noms du monde.

Paul Éluard

da “L’amour la poésie”, «N. R. F.», Paris, 1929

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