La Straniera – Oscar Vladislas de Lubicz Milosz

Johan van der Keuken, Mirror, 1960

 

Non sai nulla del tuo passato. L’hai sognato
– Sì, certamente, l’hai sognato.
Vedo il tuo volto alla luce grigia della pioggia.
Novembre seppellisce il paesaggio e la mia vita.
Non so nulla, nulla voglio sapere del tuo passato.

I tuoi occhi mi parlano di brumose città lontane
Che mai vedrò
E mai dalla tua voce sentirò pronunciarne il nome.
Novembre è su tutta la mia anima, novembre è su tutta la pianura.
Ti vedo come una sconosciuta attraverso il Tempo che fu.

Sono cose morte ormai da anni,
– Irrimediabilmente morte –
Musiche soffocate, vizze lussurie.
Novembre, ne sono certo, è dietro la porta.
Nel tuo cuore vedo vivere quel che il tuo cuore dimentica.

La tua anima è lontana, lontanissima da qui. La tua anima straniera
È una notte di bruma,
Di bruma e pioggia sporca sui faubourg
Dove la vita ha il colore freddo della terra,
Dove uomini moriranno senza aver conosciuto l’amore.

Un tempo mi hai già incontrato, lo ricordi?
Sì, un tempo tristemente lontano,
Nel paese dei libri antichi e delle antiche musiche,
Nell’azzurro crepuscolo di una casa tranquilla
Dalle finestre letargiche.

Il fantasma delle parole che non ricordi
O che non hai pronunciato,
Dona uno strano senso alla tua presenza lontana.
Decifro nel libro del tuo silenzio
La tua storia morta per sempre, perfino per te.

La mia pallida ragione è un’illusione di chiarezza,
Un giorno di sole antico
Sulla strada dove la tua gioia incontrò il tuo dolore.
Tutto ciò forse non è mai stato
Ma se te lo rivelassi, moriresti di paura.

È triste come un giorno d’inverno in periferia
Dove incede la morte cittadina,
Come la malattia e il lutto in un lungo equivoco,
Come un rumore di passi in una casa sconosciuta
Come le parole «il tempo che fu» quando l’ombra è sul mare.

Non voglio saper nulla del tuo passato. Vedo
Spegnersi il giorno,
L’ultimo giorno sul tuo volto e sulle tue mani.
Lasciami il piacere d’ignorare le strade
Per le quali il caso ha saputo guidarti fino a me.

Ritrovo nei tuoi occhi la realtà dei sogni,
Sogni sognati ai vecchi tempi
E visioni sbocciate al sole della vita.
Nella penombra avvelenata dalla pioggia
Tutta un’eternità volge al termine.

Riconosco in te esseri misteriosi,
Viaggiatori dalle mete segrete
Incontrati un tempo nella bruma delle stazioni
Dove tutti i rumori hanno la cadenza degli addii.
A volte hai persino l’aria di una fiera

Con le sue luci in lacrime e i suoi fetori
Di muffa e vizio,
Con la sua miseria e la gioia malata delle sue musiche.
Ricordi di nostalgiche case da gioco
Si mescolano al caos del mio nervosismo.

Se me ne andassi, se chiudessi la porta, che faresti?
Sarebbe forse
Come se i tuoi occhi non m’avessero mai visto.
Il rumore dei miei passi morrebbe senza eco sulla strada
E solo notte io vedrei alle tue finestre.

È come se tu dovessi lasciarmi oggi
Subito e per sempre
Senza farmi sapere da dove vieni, dove vai.
Piove sui grandi giardini spogli, la tua anima ha freddo,
Novembre seppellisce il paesaggio e la mia vita.

Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz

(Traduzione di Massimo Rizzante)

da “O.V. de L. Milosz, Sinfonia di Novembre e altre poesie”, Adelphi, Milano, 2008

∗∗∗

L’Étrangère

Tu ne sais rien de ton passé. Tu l’as rêvé,
– Oui, sûrement tu l’as rêvé.
Je vois ton visage dans la lumière grise de la pluie.
Novembre ensevelit le paysage et ma vie.
Je ne sais rien, je ne veux rien savoir de ton passé.

Tes yeux me parlent de brumeuses villes lointaines
Que ye ne verrai jamais
Et dont jamais je n’entendrai le nom dans ta voix.
Novembre est sur toute mon âme, novembre est sur toute la plaine.
Je te vois inconnue à travers Autrefois.

Ce sont des choses depuis longtemps mortes,
– Mortes irrémédiablement –
Des musiques étouffées, des luxures flétries.
Je suis sûr que novembre est derrière la porte.
Je vois vire en ton cœur ce que ton cœur oublie.

Ton âme est loin, bien loin d’ici. Ton âme étrangère
Est une nuit de brume,
De brume et de bruine sale sur des faubourgs
Où la vie a la couleur froide de la terre,
Où des hommes mourront, sans avoir connu l’amour.

Tu m’as déjà rencontré jadis, t’en souvient-il,
Oui, jadis, tristement jadis,
Au pays des vieux livres et des vieilles musiques,
Dans íe crépuscule bleu d’une maison tranquille
Aux fenêtres léthargiques.

Le fantôme des paroles dont tu ne te souviens pas
Ou que tu ne prononças pas,
Donne un seni si bizarre à ta lointaine présence.
Je déchiffre dans le livre de ton silence
Ton histoire morte à jamais, même pour toi.

Ma raison plâe est une illusion de clarté,
Un jour de soleil ancien
Sur la route où ta joie rencontra ta douleur.
Tout cela n’a peut-être jamais été
Mais si je te le disais, tu mourrais de peur.

C’est triste comme un jour d’hiver sur les banlieues
Où chemine la mort de la ville.
Comme la maladie et le deuil dans un mauvais lieu,
Comme un bruit de pas dans une maison étrangère
Comme le mot jadis quand l’ombre est sur la mer.

Je ne veux rien savoir de ton passé. Je vois
S’éteindre le jour,
Le dernier jour sur ton visage et sur tes mains.
Laisse-moi la douceur d’ignorer les chemins
Où le hasard a su te guider jusqu’à moi.

Je retrouve en tes yeux des réalités de rêves,
De rêves rêvés dans le vieux temps
Et des visions écloses au soleil de la vie.
Dans le demi-jour empoisonné de la pluie
On dirait que toute une éternité s’achève.

Je reconnais en toi des êtres mystérieux,
Des voyageurs au but secret
Rencontrés autrefois dans la brume des gares
Où tous les bruits ont des inflexions d’adieux.
Parfois aussi tu m’es une atmosphère de foire

Avec ses lumières en pleurs et ses relents
De moisissure et de vice,
Avec sa misère et lajoie malade de ses musiques.
Des souvenirs de maisons de jeu nostalgiques
Se mêlent au chaos de mon énervement.

Si je sortais, si je fermais la porte, que ferais-tu?
Ce serait peut-être
Comme si tes yeux ne m’avaient jamais connu.
Le bruit de mes pas mourrait sans écho dans la rue
Et je ne verrais que la nuit à tes fenêtres.

C’est comme si tu devais me quitter aujourd’hui
Tout de suite et pour toujours
Sans songer à me dire d’où tu viens, où tu vas.
Il pleut sur les grands jardins nus, tonâme a froid,
Novembre ensevelit le paysage et ma vie.

Oscar Vadislas de Lubicz Milosz

da “O.V. de L. Milosz, Œuvres complètes”, Vol. I, II, XII, Paris, Éditions André Silvaire, 1958

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